Apollinaire à la Grande Guerre

Apollinaire à la Grande Guerre
Je n'arrive pas à écrire alors je vous présente un sonnet d'Apollinaire, peintre précurseur du surréalisme. Guillaume Apollinaire vécu de 1880 à 1918, juste après la grande guerre, à laquelle il participa tout d'abord comme artilleur puis comme homme d'infanterie, en entretenant des relations avec plusieurs femmes, quelque chose comme d'abord Louise dite lou, puis Lou et une Madeleine, puis Madeleine seule, puis une autre qu'il épousa, quelque chose dans le genre.

Le sonnet reste un de mes préférés, avec son ton mélancolique et ses histoires d'amour frustré et de guerre. Il est adressé à Lou, comme l'est le calligramme à droite, de six jours son aîné.



SONNET DU 8 FEVRIER 1915



Lundi huit février ma biche
Ma biche part
Suis inquiet elle s'en fiche
Buvons du marc

Vrai qu'au service de l'Autriche
( Patate et Lard )
Le militaire est très peu riche
Je m'en fous car

Il peut bien vivre d'Espérance
Même il en meurt
Au doux service de la France

Un Artilleur
Mon âme à ta suite s'élance
Adieu mon coeur
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# Posté le vendredi 21 novembre 2008 13:32

Mati tukang mati kelasi

Mati tukang mati kelasi
Voici un sonnet fait il y a longtemps avec une amie (suivant la technique habituelle, soit un vers chacun), que nous avons écrit comme ça, pour s'amuser, avec un sujet plus sérieux que les sonnets qui partent en délire comme cela arrive souvent. Il est en fait beaucoup plus difficile de rester "sérieux" à trois, d'une part parce que les contraintes métriques sont rarement faciles pour beaucoup de gens, d'autre part parce que trois visions du futur de ce sonnet s'affrontent et tentent de se conjuguer. C'est un exercice périlleux qui bien souvent périclite.

De retour sur le sonnet. Le premier vers que j'ai mis vient en fait d'une réécriture libre d'un poème malais que wikipédia nous présente ; il s'agit de la seconde strophe :

Ada suatu kapal Surati
Mati tukang mati kelasi
Kalau tak dapat bagai di hati
Biarlah bujang sampai ke mati

Traduit par wikipédia comme ceci :

Il y a un certain bateau dans Surate
Mort le capitaine mort le matelot
Au cas où manque encor l'âme s½ur au c½ur
Rester solitaire jusqu'à croiser la mort

Allez savoir pourquoi, mais cela m'a beaucoup plu (tout comme le premier quatrain proposé comme exemple) et je l'ai utilisé comme fil conducteur du sonnet. Mon amie (Hisako) n'en avait pas connaissance cependant, ce qui donnait un mouvement nouveau qui fait que tout cela n'a pas donné ce que j'aurais fait seul.

L'image quant à elle est un tableau d'Eugène Boudin, grand peintre français du 19ème siècle, précurseur de la peinture en extérieur ; c'est lui qui a découvert Monet et l'a poussé à faire plus que des caricatures au crayon.



Mort est le matelot, mort est le capitaine ;
Ne restent de leur vie que deux cris envolés ;
Et mêlés aux oiseaux vont deux esprits ailés
Soupirant dans le ciel où toute haine est vaine.

Les âmes des marins ne sont qu'oiseaux de peine
S'accrochant sans espoir aux nuages salés
Et sombrant sans espoir dans leurs rêves brûlés ;
Ne tempête aux larmes que la beauté soudaine.

C'est qu'au-delà des cieux, au-delà des étoiles,
L'obscurité du rien éclate comme un tout ;
Le néant et le tout lentement se dévoilent.

Ensemble leurs teintes sont blanches de partout ;
Ensemble leurs teintes les volent et les voilent ;
Et brille tout dansant, et meurt ce bel atout.









(... Et je viens de découvrir ce site, que je commence à peine à lire et qui a l'air très intéressant : Un touriste aux îles de la Sonde. Voila pour le coup de c½ur du dimanche soir ! )
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# Posté le dimanche 16 novembre 2008 16:28

Modifié le dimanche 16 novembre 2008 16:43

L'oiseau du matin

Pour ce soir un sonnet fait (encore une fois) durant deux heures d'anglais, qui a démarré sur la visite insolite d'un clochard lors de mon trajet aller sur la ligne 8. Il se nomme Gérard, parle aux portes de métro, rigole tout seul, nous fait son spitche (chuis à la rue j'ai pas de boulot une tite pièce pour m'aider à manger etc etc) en rimes (même si elles sont parfois très plates) chantonne Authentique Gérard Authentique clochard en marchant dans le wagon sa boîte de conserve à la main, et m'a beaucoup plu.




Au pays des trains qui sont en retard
On voit plein de gens Parfois certains chantent
Je m'appelle Gérard et les p'tits sous m'enchantent
Authentique Gérard, Authentique clochard

On voit parfois des regards trop lourds
Des petits vieux dans leur grands corps de jeunes
Ils n'ont que trop vécu dans leurs morts et leurs jeûnes
Et savent la valeur des riens de tous les jours

On voit parfois des illuminés
Des grands enfants perdus dans les dédales
Ils chantent leur bonheur qui vit au ras des dalles
Et s'en vont Inconscients Ils y restent bornés

On voit parfois ce peuple On oublie On repart
Au pays des trains qui sont en retard.




Le tableau quant à lui est un monument de l'art américain et le chef-d'½uvre de son papa, Edward Hopper, qui se nomme Nighthawks a été peint en 1942, et est actuellement accroché à l'Art Institute of Chicago. On peut le voir en plus grand ici.
L'oiseau du matin
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# Posté le jeudi 06 novembre 2008 16:15

Modifié le vendredi 07 novembre 2008 04:51

Sonnet stupide à six mains et sans cervelle

Sonnet stupide à six mains et sans cervelle
Fait par moi, mon frangin, et Junie ! On s'est bien marrés. Pas d'image de grand peintre célèbre à mettre cette fois-ci, si vous avez une idée de tableau de grand peintre célèbre n'hésitez pas !

Et sur la proposition de Hawkeye, je vous mets du Frida Kahlo (que je ne connais pas du tout). Je vais lire un peu des trucs sur elle et je vous ferais un mini topo ici bientôt !



O joie, trésor maya, vive le chocolat !
Nous vivrons de l'or noir, au lait, ou aux noisettes
Le tout, c'est le goinfrage et ses mille facettes
Mangeons, profitons-en, mangeons tant qu'on est là !

Un jour le cacao défia le koala
Et le gouteur gavé grimpa en galipettes
Il grimpa tout en haut du carnet de recettes
Il y déroba tout, les pilla, les vola

Et vous qui écoutiez mes belles fatrasies
De légendes maya de koalas pas bien
Prêtez donc l'autre oreille à d'autres fantaisies

Si morale il y a, pitié n'en dites rien
Mangeons du chocolat, vivons de poésies
Nous n'avons rien appris, nous verrons ça demain.

# Posté le dimanche 02 novembre 2008 04:46

Modifié le samedi 13 décembre 2008 13:39

Deux heures de cours d'anglais

Deux heures de cours d'anglais
Deux heures de cours de grammaire anglaise aujourd'hui, il pleuvait, et j'étais assis dans une salle décrépie, avec les murs défraichis et les tables taguées, et le vent qui soufflait dans les feuilles dehors. Et au-dessus du tableau vert, une affiche du Che Guevara, à moitié déchiré. Je ne sais pas encore ce que j'ai voulu dire. Il y a des instants qui sont tout entiers des mystères une fois qu'on ne les vit plus.


Au milieu des parpaings
Des quatre murs pas peints
Trône une affiche du Commandante
Che Guevara nous hante

On l'a désaffiché de moitié
Même arraché le Che reste entier
Et son oeil nous regarde
Son étoile pour toujours nous garde

Tu veilles avec passion
Sur ta révolution
Et moi quand je serais communiste
Je m'en irais loin de ce coin triste

C'est ailleurs que volent les oiseaux
S'envolent les oiseaux




Tableau de Fernand Léger
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# Posté le jeudi 30 octobre 2008 16:34

Modifié le jeudi 30 octobre 2008 17:03