Sonnet du 20 septembre 2008

Le sonnet de ce jour est un jeu, c'est en fait un sonnet fait avec une amie (que je surnomme Merry Jane) et qui a été construit vers par vers, en alternant la personne qui tenait la plume (ou, en l'occurrence, le clavier). Le résultat est toujours hasardeux, mais c'est très amusant à faire !



Tout l'horizon s'étend par-delà la fenêtre
N'oublie pas ses soupirs, admire son sommeil
Tout l'horizon s'endort dans un soupir vermeil
Étends-toi dans mes bras, tu le verras peut-être

Laisse le monde et viens dans les bras du paraitre
Du dessin de ton rêve apparaît le soleil
Tu rêvais d'horizon, ton rêve est sans pareil
Ton rêve se dessine, horizon de fenêtres

Un monde à contempler sans jamais y toucher
Un monde à effleurer du bout de tes yeux pâles
Du bout des doigts, toujours ouvert, toujours caché.

Un monde à partager sans jamais le donner
Tes rêves sont si beaux, pleins d'illusions fatales
Je me perds avec toi, mes rêves sont fanés.
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# Posté le samedi 20 septembre 2008 11:32

Sonnet du 5 septembre 2008

Sonnet du 5 septembre 2008
Mes mots se font violence
Mes mains n'en ont que faire
C'est comme un chant de guerre
Mes mots se font silence

Mes mots se font silence
Avaient-ils trop souffert
C'est un trop grand mystère
Teinté d'indifférence

Teinté d'indifférence
Forcé de tout refaire
J'espère et je m'y perds
C'en est trop d'espérance

C'en est trop d'espérance
Mes mots se font violence









Image d'Escher.
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# Posté le vendredi 05 septembre 2008 13:34

Modifié le jeudi 18 septembre 2008 06:32

Paris-Alger

Encore une fois, ce poème est pour Ibtissem, qui me manque.



Une fissure
court dans la chambre dérangée
Paris-Alger
Tout l'amour le long du mur

Tout saccagés
Ce sont deux mondes qui perdurent
Qui se rassurent
Quand je voudrais les protéger

A Paris je vis avec soin
Seul dans la chambre
Rêvant encore à tes yeux d'ambre

Alger vit loin
Alger vit de tes mille fêtes
Des vies secrètes
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# Posté le dimanche 31 août 2008 09:11

Modifié le vendredi 05 septembre 2008 09:27

Hiboux

Un grand mois d'abandon pour ce petit blog, et je reviens sans grande suite de petits sonnets pour faire bonne figure devant mon projet bien vite trahi. Mais je reviens tout de même, et je tente de reprendre ce que j'ai laissé, quand bien même je serais rouillé, quand bien même je n'aimerais toujours pas ce que j'écris, comme ce soir. Mais je n'espère jamais beaucoup de mes départs.

HIBOUX

Trois jours à veiller tout le soir
Espérer te voir demain
Je ne peux jamais rien savoir
Je rêve comme un gamin

A parler de mille chemins
Chemins de peur et d'espoir
A garder nos petites mains
Main dans la main dans le noir

Calme calme tes soupirs
Garde toujours ton beau sourire
Et tout ira mieux bientôt

Attends Attends il est trop tôt
J'ai peur de te voir partir
Et demain je saurais en rire
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# Posté le vendredi 15 août 2008 22:35

Rondeaux & Rondels

J'ai laisse ce weblog abandonné bien longtemps on dirait, suite à tout un tas d'aventures mixant joyeusement déménagement perte de connection internet tracas avec ma famille et tracas avec la maison. Et au bout de quelques semaines, c'est fini ! Me revoila donc.

Et je n'ai pas de sonnet à présenter (il n'y a qu'un début de sonnet que j'ai commencé le 20 juin et que je travaille encore) mais j'ai à la place tout un chapelet de rondels à vous montrer ! Mais, me direz-vous, qu'est-ce que le rondel ?

Pour faire court, le rondel est une forme dérivée du rondeau. Mais, qu'est-ce qu'un rondeau ? C'est une forme poétique française, dérivée de chansons orales, qui comporte un refrain. Elle fut très en vogue au moyen âge et au début de la renaissance, et presque totalement délaissée après ; je l'aime bien car elle permet à la fois de faire des sujets légers et des sujets graves, et ce que j'ai pu lire montre une belle diversité créative qui reste un beau plaisir.

Il semble qu'a l'inverse du sonnet, le rondeau a d'abord démarré avec une forme plutôt instable, ou la taille des strophes, des vers, des refrains, et la construction du poème en général variaient dans une joyeuse anarchie, avant de se faire lentement coder par quelque grands poètes (je crois qu'il s'agit de Clément Marot et Vincent Voiture). Comme la forme n'est pas restée populaire jusqu'à la seconde moitié du 18ème siècle, elle n'a pas pu se faire décomposer et retravailler comme l'a été le sonnet. Les rondeaux ont deux rimes, trois strophes, et un refrain qui revient a la fin de la seconde et de la troisième strophe, et qui est le début du premier vers du poème. Les strophes sont parfois de quatre, deux, et quatre vers, mais la forme la plus connue est celle aux strophes de cinq, trois, et cinq vers, comme ce rondeau de Voiture qui fera un exemple et expliquera bien mieux que moi ce qu'est un rondeau.


Ma foi, c'est fait de moi, car Isabeau
M'a conjuré de lui faire un rondeau.
Cela me met on une peine extrême.
Quoi ! treize vers, huit en eau, cinq en ême
Je lui ferais aussitôt un bateau.

En voila cinq pourtant en un monceau.
Faisons-en sept en invoquant Brodeau,
Et puis mettons, par quelque stratagème :
Ma foi, c'est fait.

Si je pouvais encor de mon cerveau
Tirer cinq vers, l'ouvrage serait beau ;
Mais cependant je suis dedans l'onzième,
Et ci je crois que je fais le douzième ;
En voilà treize ajustés au niveau.
Ma foi, c'est fait.



Il existe aussi une forme appellée le rondeau parfait, mais je dois avouer que (si vous ne l'avez pas déjà remarqué en me lisant) je ne m'y connait pas assez pour m'aventurer à détailler celle-là.

Et tout cela nous permet d'apprécier le rondel, qui a pour différence essentielle avec le rondeau un refrain constitué d'un ou de deux vers entiers et non pas d'une moitié de vers seulement. La forme classique du rondel est de deux quatrains suivis d'un quintil, les deux derniers vers du second quatrain étant les deux premiers vers du premier quatrain et le dernier vers du quintil étant le premier vers du premier quatrain. Comment ça je ne suis pas clair ? Et bien, prenons un exemple ! Voici Le Printemps, de Charles d'Orléans :


Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s'est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.

Il n'y a beste, ne oyseau,
Qu'en son jargon ne chant ou crie :
Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye.

Riviere, fontaine et ruisseau
Portent, en livrée jolie,
Gouttes d'argent et d'orfaverie,
Chascun s'abille de nouveau.
Le temps a laissié son manteau.



Il arrive que seul le premier vers soit répété à la fin des deux strophes précédant la première, transformant le second quatrain en tercet, et rajoutant un vers de plus au quintil. Mais je n'en ai pas encore vu - ce qui ne m'empêche pas d'en faire.

C'est d'ailleurs la forme qu'a mon premier rondel, qui a été écrit lors d'une nuit de panique, pour me délester de mes émotions dans un poème (la poésie comme calmant, l'opium des gens dérangés ? ) - il est plutôt laid, mais m'a permis de mieux comprendre la forme, et par la même les possibilités et les limites de ce type de poèmes. Et m'a lancé dans l'écriture de toute une kyrielle de rondels.

J'aime bien le rondel car il me permet plus facilement de faire quelque chose de léger, me débarrassant de l'envahissant sentiment de devoir bien faire mes poèmes, complexes et travaillés, et m'empêche de me prendre la tête et de me prendre au sérieux avec ce que j'écris. Ma poésie n'en devient que plus facile et plus agréable à faire, même si elle n'en est pas franchement meilleure.

Enfin bon. Voici ma collection de chansons, close par un rondel de Stéphane Mallarmé (Si tu veux nous nous aimerons).


LA CHANSON DES DESILLUSIONS

« à qui n'a pas on enlèvera même ce qu'il a. » Luc 19.26

Je n'ai plus rien à offrir,
Plus rien pour tes beaux regards,
Plus rien pour tes beaux sourires,
Plus rien qui ne nous sépare.

Ce qu'il reste à parcourir
Fais-le sans rien de ma part,
Je n'ai plus rien à offrir.

Que ce que j'ai vu fleurir
Ne veuille jamais flétrir,

Que vienne un nouveau départ
Dans les chemins du hasard,
Sans moi pour le découvrir,
Je n'ai plus rien à offrir.




LA CHANSON DU PRETENDANT

Je serais ton chevalier
Rien que pour une promesse,
Si tes yeux me reconnaissent
Et s'ils ne m'ont pas oubliés.

Le regard plein de caresses
Devant toi le genou plié :
Je serais ton chevalier
Rien que pour une promesse.

Je voudrais, si tu m'y laisses,
A toi je voudrais me lier !
Tout deux d'un anneau reliés,
Si tu serais ma princesse,
Je serais ton chevalier !




LA CHANSON DES SOURIRES

Pour petite Souris Ibtissem qui porte si bien son prénom.

Qui saurait pleurer ton sourire
Quand nul ne sait le regarder ?
Quand tout ce que tu sais offrir,
Nul ne sait plus que le brader ...

Savez-vous ce qu'il sait couvrir,
Son sourire à son coeur brodé ?
Qui saurait pleurer ton sourire
Quand nul ne sait le regarder ?

C'est durant ton hiver, Sourire,
Que tu as su me découvrir,
Moi qui savait te regarder,
Moi qui voudrait tant te garder,
Qui saurait pleurer ton sourire.



LA CHANSON DES SOURIS

Pour petite Souris Ibtissem qui porte si bien son surnom.

Parmis les petites souris
Vit une souris sans sourire.
Voila qui est bien triste à dire !
Ma souris jamais ne souris.

Pour ma souris tout reste gris
Ou sont donc les couleurs du rire ?
Parmis les petites souris
Vit une souris sans sourire.

Tout ce qu'elle voudrait ouvrir
De son sourire de souris
Tout ce qu'elle voulait couvrir
Disparaît si je lui souris
Parmis les petites souris.




Si tu veux nous nous aimerons
Avec tes lèvres sans le dire
Cette rose ne l'interromps
Qu'à verser un silence pire

Jamais de chants ne lancent prompts
Le scintillement du sourire
Si tu veux nous nous aimerons
Avec tes lèvres sans le dire

Muet muet entre les ronds
Sylphe dans la pourpre d'empire
Un baiser flambant se déchire
Jusqu'au pointes des ailerons
Si tu veux nous nous aimerons

Rondeaux & Rondels
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# Posté le vendredi 04 juillet 2008 01:13