Pour m'excuser de ne rien avoir publié pendant si longtemps, je vous présente un sonnet de la main d'un invité (mort) sur mon blog. Il s'agit d'une oeuvre de de François de Malherbe, qui vécut de 1555 à 1628, et qui fut un poëte sévère, très attaché à épurer et travailler la langue française, et qui montra une attention toute aussi maniaque à ses poèmes. Je l'aime beaucoup.
Selon le site net ou j'ai pu pu récupérer le poème ( qui se nomme Gallica ; le lien est : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5207n/f305.table il s'agit de la page 223) Malherbe ne parle pas de sa femme ; le sonnet est fait à l'intention d'Etienne Puget, qu'il fait parler de sa femme. Je ne connais rien de la relation entre les deux hommes, peut-être étaient-ils amis, peut-être s'agissait-il d'une oeuvre de commande (je ne connais rien des artistes en général, je ne m'intéresse qu'à l'oeuvre, ce qui n'est pas une bonne chose, bien souvent).
Je recopie le sonnet avec l'orthographe moderne. Hymen est un mot (devenu archaïque) signifiant mariage. Le poème est suivi d'une dédicace, que j'aime beaucoup, et que je rajoute de même.
Celle qu'avait Hymen à mon coeur attachée,
Et fut ici-bas ce que j'aimais le mieux,
Allant changer la terre en de plus dignes lieux,
Au marbre que tu vois sa dépouille a cachée.
Comme tombe une fleur que la bise a séchée,
Ainsi fut abattu ce chef-d'oeuvre des cieux ;
Et depuis le trépas qui lui ferma les yeux,
L'eau que versent les miens n'est jamais étanchée.
Ni prières ni voeux ne m'y purent servir ;
La rigueur de la mort se voulut assouvir,
Et mon affection n'en put avoir dispense.
Toi dont la piété vient sa tombe honorer
Pleure mon infortune, et pour ma récompense,
Jamais autre douleur ne te fasse pleurer.
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* *
Belle âme qui fut mon flambeau,
Reçois l'honneur qu'en ce tombeau
Je suis obligé de te rendre ;
Ce que je fais te sert de peu ;
Mais au moins tu vois en la cendre
Que j'en aime encore le feu.